Edito de Mars-Avril 2011 : Notre dignité

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21 avril 2011 : Lire notre lettre ouverte à Jean-François Copé, Secrétaire Général de l'UMP.

Les mois passent, et toujours rien de changé pour nos enfants et nos familles. A votre avis, à partir de combien d’enfants vivant dans des familles homoparentales les hommes et les femmes politiques accepteront-ils de se pencher concrètement sur la reconnaissance légale de nos familles ? Les chiffrent estiment aujourd’hui qu’environ 250.000 enfants seraient élevés en France par au moins un parent homosexuel. Il en faudra combien en tout pour que quelque chose bouge enfin : 500.000 ? un million ? plus encore ?

Notre cause associative qui vise à faire reconnaître de façon légale l’existence des familles homoparentales est surtout un combat pour la dignité humaine.

Nous aussi, nous avons des enfants ; nous les éduquons ; nous leur transmettons des valeurs ; nous les préparons à s’intégrer dans la société et à se faire une place dans la vie.

Au nom de quel mépris, de quelle ignorance, nos enfants seraient légalement privés de la moitié de leurs parents ?

Qui peut encore prétendre que la parentalité n’est basée que sur le fait biologique, à savoir la rencontre des gamètes d’un homme et d’une femme ? Oserait-on aujourd’hui prétendre que les parents qui font ce geste merveilleux d’adopter un enfant ne sont pas des vrais parents parce qu’ils ne sont pas biologiquement liés à leur enfant ?

Il en est de même pour nos familles. Nos enfants existent parce qu’ils ont tout simplement été désirés par leurs deux papas, et/ou leurs deux mamans. Sans ce désir d’enfant, ils ne seraient tout simplement jamais nés.

La société civile constate déjà au quotidien que nos enfants vivent normalement, et ont une vie tout à fait équilibrée, ni plus, ni moins que les autres enfants vivant dans d’autres contextes familiaux.

Force est de constater une nouvelle fois que la majorité des hommes et des femmes politiques ayant pouvoir de faire changer les choses ont plusieurs trains de retard sur les évolutions du monde d’aujourd’hui.

Le gouvernement français vient d’être remanié. Peut-on simplement avoir l’espoir que nos préoccupations soient entendues ? Nous pouvons malheureusement en douter. Gérard Longuet vient d’entrer au gouvernement. Ce ministre a connu plusieurs déboires du fait de "dérapages" dans ses propos publics. Le 13 novembre 2008, lors d'une commission sénatoriale au sujet d'une campagne de lutte contre l'homophobie lancée dans l'éducation nationale, Gérard Longuet lance : "J'avais une question malicieuse, mais je la poserai plus tard. C'était de savoir où commençait et où s'arrêtait l'homophobie. [...] C'est extrêmement réjouissant de savoir que l'on promeut en effet des formes nouvelles de sexualité dans l'école et qu'on combat en même temps la pédophilie... Il y a quand même un moment où il faut savoir sur quelles valeurs on s'arrête."

C’est scandaleux d’entendre encore de tels propos de nos jours. Cela montre combien l’ignorance de la réalité des choses conduit à la bêtise. Ces politiques-là ont vraiment besoin d’être mis au placard. Ils se croient au spectacle ; tout n’est qu’illusion, calcul politique et gestion de carrière, au mépris le plus total de ce qui est simplement la dignité des hommes et des femmes. J’aimerais citer Boris Vian qui résume bien la situation : « C'est drôle comme les gens qui se croient instruits éprouvent le besoin de faire chier le monde ».

Ainsi, pour lutter davantage contre l’ignorance et les idées préconçues, notre association des familles homoparentales organise prochainement à Paris une rencontre avec une mère porteuse américaine. Elle viendra publiquement témoigner de son expérience et la France aura ainsi l’occasion de savoir ce qu’est une gestation pour autrui éthique, dans le parfait respect de l’être humain. De nombreuses familles homoparentales seront également présentes pour montrer la réalité de leur existence.

Aidez notre association à mener ce combat pour la dignité de nos familles ! Vous pouvez adhérer ou tout simplement faire un don pour soutenir notre cause. Merci à vous !