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Dès le 1er décembre 2010, la commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi relatif aux lois de bioéthique débutera son travail. Gestation pour autrui, levée de l’anonymat en cas d’AMP avec donneur de sperme, recherche sur l’embryon, telles sont les thématiques qui seront à l’ordre du jour. Son rapporteur conservateur est Jean Léonetti. Il s’était déjà illustré en donnant la conclusion des travaux sur ces révisions avant même que les débats et le travail ne commencent. Trop fort ! La légalisation de la GPA semble écartée avant même qu’elle ne frôle les pupitres des membres de cette commission. Il est pourtant bien curieux de s’opposer à ce que l’on ne connaît pas. La quasi-majorité des membres de cette commission n’a jamais rencontré de mères porteuses vivant dans les pays où l’éthique permet d’encadrer strictement le processus, en garantissant le respect, la protection, et en recueillant un consentement libre et éclairé de toutes les parties prenantes au projet. Pourtant, ce rejet est manifesté d’un revers de main comme si l’ignominie elle-même participait au débat. Que dire de tous ces enfants qui évoluent aujourd’hui normalement, qui vont à l’école, au sport, dans les réunions familiales, dans les colonies de vacances … Ces enfants nés par GPA à l’étranger et vivant en France sont comme les autres. Voilà la réalité d’une France où la diversité compose notre paysage familial. Dont acte. Ces enfants sont toujours en contact avec leur mère de naissance et le resteront s’ils le souhaitent. Il ne s’agit pas d’inclure la mère de naissance dans leur vie, mais de leur donner accès à leur origine, à première demande. On facilite l’accès aux origines pour les enfants nés sous X et les adoptés, pourquoi cette démarche ne peut-elle pas intellectuellement faire partie du débat sur la GPA ? Probablement par ce que les détracteurs regardent la GPA comme une location courte durée et non-pas comme une aventure humaine. Ne leur en déplaise, la GPA éthique n’est pas un oxymore, mais une réalité. La lecture familiale française s’est construite sur le lien biologique et non sur la relation avec l’enfant. Pourtant, nous naissons, nous évoluons et nous grandissons dans un cadre qui nous détermine et qui n'est pas forcément celui inscrit sur le livret de famille. Alors pourquoi le lien biologique devrait-il primer sur la réalité de nos vies ? Nous sommes capables de le comprendre pour l’adoption, serions-nous si étroits pour ne pas l’envisager dans les autres formes d’accès à la parentalité ? L’ADFH (Association Des Familles Homoparentales, www.adfh.net) rassemble les familles et futures familles homoparentales. Elle soutient les projets parentaux éthiques et milite pour la légalisation de ces projets en France, sans condition d’orientation sexuelle pour les parents intentionnels. par Alexandre URWICZ, Co-président de l'ADFH 24.11.10 www.lemonde.fr
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